LIEGE : rue du Pont

Trait d’union entre la rue de la Cité et la place du Marché, la rue du Pont fut, jusqu’en 1875, année du percement de la rue Léopold, la principale voie de  communication entre le centre de la ville et Outremeuse. Au milieu d un quartier à l’intense activité commerciale, la rue du Pont est parallèle à la rue de la Goffe et à Neuvice, agréable voie piétonne.

Rue du Pont vers 1895 © Musée de la Vie wallonne

Toutes trois sont reliées par la rue de la Boucherie et la venelle du Carré, appelée jusqu’au XVIe siècle ruelle “Malprové”. En 1590, elle devint “ruelle dite du Quarreit” puis “du Quarré” et, enfin, “du Carré”, altération du nom d’un ancien habitant de l’endroit. L’étroite ruelle, souvenir de voies resserrées du moyen-âge, est bordée de hauts murs ouverts de portes basses, issues secondaires des magasins voisins.

Le passant ne remarque pas toujours la façade n° 6 : les allèges raidies de croix de Saint-André et les baies à croisée de bois font de cette construction un excellent témoin de l’architecture de style mosan, en colombage et briques. La maison porte une date fraîchement peinte : 1690.

Le chroniqueur liégeois du XIVe siècle, Jean d’Outremeuse, relate que la rue, bâtie sur des arcades et des voûtes, servait elle-même de pont, ce qui aurait déterminé le nom de l’endroit. C’est peu probable, car aucun cours d’eau couvert n’existait à cet endroit. Cependant, une branche de la Légia parcourait la rue du Pont sur toute sa longueur, coulant en son milieu, dans une espèce de canal à ciel ouvert qui subsistait dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

Remarquable alignement de façades homogènes de la rue du Pont (1938) © Musée de la Vie wallonne

La rue est peut-être légèrement antérieure à la construction du premier pont des Arches réalisée sous l’épiscopat de Réginard (1025 – 1038) : en effet, une charte de 1026 cite comme témoin Lietminne de Ponte, certes un des plus vieux habitants de la rue. Celle-ci doit son nom à ce premier pont qui, posant sur sept arches en grès houiller, fut détruit en 1410 à la suite d’une forte inondation et son emplacement se modifia quelque peu. A l’origine, il se situait dans le prolongement de la rue, la reliant à la Chaussée-des-Prés. En 1911 , la première arche fut mise à jour dans la de la Cité, la seconde subsiste la cave du bâtiment portant le n°2, impasse du Vieux Pont des Arches (pour l’histoire du pont, consultez : Jean Lejeune, Les Van Eyck , peintres de Liège et de sa cathédrale, p. 127 et suivantes).

La rue du Pont était fermée, vers la rue de la Cité, par un arvô, entrée charretière, qui subsistait au XVe siècle. Elle occupait une situation privilégiée dans la vie économique de la Cité, à proximité du quai de la Goffe où arrivaient, par bateaux, le sel et de nombreuses marchandises. Comme de nos jours, la rue était bordée de magasins. Jean d’Outremeuse signale surtout les…

…fabricants et débitants d’instruments en bois tels que : cuillères, escuelez (écuelles), tailheurs (plats sur lesquels on coupe les viandes), saiserons (salières) et fiseais (fuseaux). On y voyait aussi des marchands de cordes, proches de la Goffe, des marchands de semences et des pots d’étainier…

cité dans Théodore Gobert, Les rues de Liège

Véritables publicistes, les marchands d’étains installés au Cheval d’Or à l’angle de la rue du Pont et du quai de la Goffe lancent en 1770 l’avis suivant :

Les Sieurs Evrard, Daiwail et Englebert, tous trois anciens Maîtres et Marchands potier d’étain, demeurant dans la rue du Pont, paroisse Sainte-Catherine, à Liège, donnent avis que, s’étant associés, l’on trouve maintenant chez eux, telles vaisselles qu’on souhaite, imitant celles d’argent du dernier goût, en oval et en rond , à contours et autres, en étain d’Angleterre ou la Rose, à aussi juste prix qu’on les peut tirer de l’étranger.

Aujourd’hui, le promeneur attentif peut retrouver dans la rue le même type de commerce. L’origine de la dénomination de la voie remonte au XIe siècle ; une certaine pérennité se retrouve dans son activité. Que reste-t-il du visage de la rue après les nombreux bouleversements qui marquèrent la ville et le quartier ?

Comme partout ailleurs, le sac de la Cité par Charles le Téméraire en 1468 ne laissa que ruines en la rue du Pont. En juin 1691, le maréchal français de Boufflers bombarda le quartier. Les boulets lancés de la Chartreuse incendièrent des centaines d’habitations dans le quartier de la Goffe ; l’hôtel de la Violette est un des premiers édifices détruits. Etienne Hélin fait justement remarquer que “comme la dévastation est limitée à un bande relativement étroite, les circonstances sont favorables à une reconstruction ordonnée. C ‘est bien ce que comprirent les contemporains et l’Historia leodensis les montre animés du désir de reconstruire ce que le feu avait consumé. Ils avaient le projet d’élargir les rues du quartier et ils élaborèrent un plan pour les travaux de première urgence” (Etienne Hélin, Le paysage urbain de Liège). La rue du Pont fut, comme ses voisines, reconstruite très rapidement et élargie entre 1691 et 1697.

Avant d’examiner la trentaine de maisons anciennes que conserve la rue, penchons-nous, comme le fit Théodore Gobert, sur quelques immeubles disparus.

Maison au coin de la rue du Pont et de la Boucherie vers 1880 © Musée de la Vie wallonne

Citons, par exemple, à l’angle de Féronstrée et de la rue du Pont, la Halle et la Boucherie des Vignerons démolie en 1839. Les bêtes attendaient leur tour d’exécution, à la suite l’une de l’autre, dans la rue. La boucherie était trop exiguë pour contenir tout le bétail.

A l’angle de la rue de la Boucherie, une belle demeure, témoin de  l’architecture gothico-renaissance, fut démolie en 1884. En maçonneries mixtes, chaînés aux angles, les deux étages posaient sur un haut rez-de-chaussée percé de deux portes en plein cintre, des cordons-larmiers manquaient les niveaux éclairés de baies au linteau en accolade. Une frise de briques bordait la bâtière fort raide à croupe couverte d’ardoises.

Derrière cette habitation , se trouvait l’hospice fondé par Jean Mostard en 1336. Il était le fils de Jean de Velroux, dit Mostard ou Mostarde, l’un des principaux bourgeois de Liège et bourgmestre en 1309.

Au XIVe siècle, nombreux étaient les voyageurs qui désiraient séjourner en ville. Les hospices des Capucins, Saint-Jean-Baptiste et Saint-Julien entre autres ne suffisaient plus à héberger les malheureux sans toit. Jean Mostard légua plusieurs maisons et de nombreuses rentes pour assurer le bien-être et la survivance de l’hospice, dédié à la mère du Seigneur. Mais les Liégeois l’appelèrent surtout “hospice à la Moutarde“. Une chapelle desservait cet établissement qui accueillait les malheureux pendant trois nuits. Hébergés, ils étaient aussi nourris : du pain et du fromage accompagnés d’un pot de bière. Comme nous l’avons dit, cet hospice n’avait pas de façade à rue. Construit aux dépens de jardins, on y pénétrait par une allée en forme de corridor, certains bâtiments cependant s’ancraient vers la rue de la Boucherie. Après la mort de son fondateur, l’asile continua sa mission. En 1686, un texte nous raconte :

…on y reçoit les pèlerins de Saint-Jacques et de Notre-Dame de Lorette, y ayant sept lits pour les loger. L’on y chauffe aussi de pauvres pendant l’hiver et, avec ce qui reste, on distribue tous les ans aux pauvres de la paroisse Saint-André, au Noël et le jour du vendredi saint, du pain et une pièce d’argent à chaque, et cela par ordre des mambours de la dite église paroissiale.

Sous la Révolution française, les bâtiments devinrent propriété de la République. L’institution était complètement fermée le 13 juin 1797, les revenus allèrent à la commission des hospices civils.

Enseigne Au coq d’Or, de la rue du Pont, n’ 23, située déjà en 1560 © Musée de la Vie wallonne

De nombreuses enseignes animaient la rue, témoins du goût artistique et populaire de nos corporations. Le prince-évêque Maximilien-Henri de Bavière avait ordonné en 1657 que “toutes les enseignes de maisons, au lieu d’être suspendues, fussent retirées et appliquées contre les murailles dans le terme d’un mois...” C’est à ce moment-là que se multiplièrent au-dessus des commerces les enseignes en pierre sculptée. Th. Gobert et Ch. Bury, l’amoureux des enseignes liégeoises, nous énumèrent celles de la rue du Pont. Voici notamment la Main bleue, le Mouton noir, la Croix d’or, le Soleil, aux trois Mouettes, l’Ange d’or, aux Trois Harengs, le Cheval blanc, le Perron d’or, les Trois couronnes d’Or, le Coq d’Or, la Balance, le Lion rouge, le Bethléem… : sujets religieux, thèmes allégoriques, emblèmes naïfs ou parlant qui donnaient à la rue sa couleur et sa physionomie.

Laissons là les souvenirs. La rue du Pont conserve encore la plupart des nombreuses façades anciennes qui retracent deux siècles d’architecture liégeoise.

Le XVIIe siècle est figuré dans la rue par le n° 22, témoin de la construction en briques et colombage. Si le rez-de-chaussée est défiguré, les trois étages de hauteur dégressive, en légère saillie, sont intacts : les fenêtres, jadis à croisée de bois, sont entourées de croix de Saint-André. Six petites ouvertures se répètent sous la corniche à cymbales , semblable à celle de la maison Havart et du palais Curtius. Une haute toiture à double versant, couverte d’ardoises, coiffe la maison. En face de cette demeure, s’ouvre la rue de la Boucherie dont le côté droit offre un remarquable alignement de façades également en pans de bois, aux étages à « sèyeûte » ou encorbellement.

Du style Renaissance mosane, la rue conserve peu de souvenirs. Nous citerons en exemple le n° 48, mélange d’éléments de tradition médiévale comme la croisée ou le meneau de fenêtres en calcaire et la bâtière raide et des caractéristiques autres : maçonneries mixtes, les niveaux de proportion dégressive et la présence d’arc de décharge. Dans la seconde moitié du siècle, comme ici, les corniches à cymbales firent place peu à peu à de simples corbeaux de bois équarris.

Enseigne Au Perron d’Or (1687), de la rue du Pont, n’ 19, servant actuellement de support à l’armature d’une enseigne moderne. Façade ornée de linteaux finement sculptés et de quatre rosaces en faible relief © Musée de la Vie wallonne

Mais voici la fin du XVIIe siècle et 1691, date fatidique pour la ville, marque un tournant dans l’évolution de l’architecture civile. C’est l’époque, nous l’avons remarqué, d’une reconstruction rapide et intensive, caractérisée par l’emploi généralisé du calcaire et un abandon partiel des styles locaux avec le rejet de la croisée de pierre. La rue garde deux témoins de cette époque : le n° 19 à l’enseigne du Perron d’Or, datée de 1687 et le n° 25 Au Coq d’Or. Dès l’abord, un élément nouveau est significatif : la sculpture est intimement mêlée à l’architecture. Au niveau des allèges, c’est-à-dire sous le seuil des fenêtres, d’habiles sculpteurs représentent des rinceaux de feuilles d’acanthe, des grappes de fruits, des couronnes de laurier, des palmes agrémentées de rubans. Albert Puters (Architecture privée au pays de Liège) voit dans ce nouveau goût liégeois l’ influence du sculpteur Jean Del Cour (1627-1707) et il suppute la trace de son ciseau dans les façades de la rue du Pont, façades de calcaire où l’on ne sait s’il faut plus admirer la qualité du motif ou la sobriété de la réalisation. Toute proche, Neuvice présente encore quelques très beaux témoins de cette façon de construire à la charnière des XVIIe et XVIIIe siècles.

Voici la première moitié du XVIIIe siècle. Le visage des maisons se modifie et s’éclaire. Au début, l’influence du style mosan est forte : des cordons dans le prolongement des croisillons disparus accentuent l’horizontalité des façades. Les piédroits des baies se prolongent enserrant les allèges qui de plus en plus seront ornées de cartouches aux coins écornés. Une modification importante intervient aussi dans le linteau des fenêtres, maintenant frappé d’une clé. La rue du Pont nous en offre un bel exemple en la maison portant le n° 9 et datée de 1720. Les trois étages sont largement éclairés de fenêtres jointives au linteau simulant tas de charge, les piédroits sont coupés de refends, enserrant un seuil mouluré. Entre les cartouches écornés, l’enseigne présente un mouton noir, de belle qualité. Tout le long de la rue, l’évolution architecturale s’illustre : ici, au n° 4, les linteaux s’échancrent, c’est le milieu du siècle ; là, une clé devient passante (n° 14)…

Une maison également du XVIIIe siècle, le n° 43, en calcaire peint, présente  encore au passant deux enseignes : l’une agrémentée de deux épées croisées et enrubannées, l’autre frappée d’une colombe entourée de rayons, peut-être le Saint-Esprit ? Selon Th. Gobert, cette maison fut souvent rebaptisée A l’épée, Au nom de Jésus au XVIIIe siècle, Au Saint-Esprit, toujours au XVIIIe siècle et enfin A la Croisette au XIXe siècle.

La longue demeure portant le n° 26-28 remplace deux maisons : celle du Pourceau d’Or du XVIe siècle à 1660 et une autre A l’Etoile et A l’Axe du Moulin, dès le XVIe siècle. Aujourd’hui, c’est une longue demeure construite vers le milieu du XVIIIe siècle. La façade à rue est entièrement en calcaire. Au-dessus du portail primitif disparu lors de l’aménagement d’un magasin, une belle baie en arc en plein cintre s’orne d’une clé accostée de guirlandes.

Notre promenade architecturale se termine dans cette rue qui présente aussi des témoins du XIXe siècle et du XXe. Quittons-la sur cette vue de 1895 (ci-dessous). A l’aube d’un siècle trépidant, deux charmantes jeunes filles font leurs emplettes à la Cloche d’Or, un petit chien noir au milieu de la rue ne craint pas les calèches. Regardez ce jeune dandy, en face de la Pipe d’Or : il brandit fièrement une canne, protégé des ardeurs du soleil par un canoter enrubanné. Attardons-nous un instant devant les deux vitrines de gauche : porcelaines, verreries et cristaux exposés à la vue de tous, attirent le passant…

Ann CHEVALIER & Marie-Ange REMY

Vue de la rue du Pont vers 1895 en pleine animation © Musée de la Vie wallonne
      • Charles BURY, Les enseignes liégeoises en pierre sculptée, dans le  Bulletin de la Société royale le Vieux Liège, n° 158, t. VIII, juillet-septembre 1967.
      • Théodore GOBERT, Liège à travers les âges. Les rues de Liège, t. V, Liège, G. Thone, 1928.
      • ETIENNE HELIN, Le paysage urbain de Liège avant la révolution industrielle, Liège, Ed. de la Commission communale de l’Ancien pays de Liège, 1963 (Coll. • Documents et Mémoires », fasc. VI).
      • L’Inventaire du Patrimoine monumental de la Ville de Liège. Liège, Soledi, 1974.
      • Jean LEJEUNE, Les Van Eyck, peintres de Liège et de sa cathédrale. Liège, G. Thone, 1956.
      • Albert PUTERS, Architecture privée au pays de Liège. Liège, Printing C0, 1940.

© Colette Troisfontaine

 

L’intégralité du magazine La Vie liégeoise n°10 d’octobre 1974, d’où est extraite cette fiche de notre topoguide, est disponible au téléchargement (PDF avec reconnaissance de caractère) dans la documenta

 

 

 


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SAINT-HUBERT : le bourg devenu capitale

[DOCUMENTA : ARDUINA N°2, 1997-1998] Le nom originel d’Andage s’est fondu dans la nuit des temps pour laisser Saint-Hubert faire sien, malgré lui, ce bourg ardennais, depuis consacré capitale européenne de la chasse et de la nature…

Le nom originel du village d’Andage n’a pu que s’effacer face à celui de son  hôte illustre, Saint-Hubert. C’est en la mémoire du “saint homme” que fut construite la basilique qui fait la fierté de ce charmant bourg. Si les historiens continuent à se quereller sur l’origine exacte de I’abbaye et de ses fondateurs, il est en revanche acquis que les reliques de l’évêque Hubert y furent transportées en 825, sur ordre de son successeur, Walcaud, évêque de Liège.

Non loin de l’abbaye, coule une source qui devait se révéler miraculeuse. Le culte de Saint-Hubert connut dès lors une telle ampleur qu’il attira des fidèles venus de partout pour vénérer les reliques du pieux homme. Cette ferveur déclina cependant rapidement, mais le miracle de la Converserie et du cerf crucifère relancèrent le culte de plus belle ; chasseurs, bouchers et forestiers reconnaissant en Saint-Hubert, leur patron.

Aujourd’hui, si la fête de la Saint-Hubert est célébrée un peu partout, le bourg ardennais s’est vu octroyer par la Fédération des Associations de Chasseurs Européens, dont les effectifs dépassent 6,5 millions de membres, le statut de Capitale européenne de la Chasse et de la Nature. Quelle origine doit-on réellement attribuer à cette consécration ?

L’épisode légendaire dû au passé, et qui a fait de Saint-Hubert, le protecteur des hommes et des animaux, ou plutôt le cadre exceptionnel des magnifiques forêts d’Ardenne encore giboyeuses des alentours. Sans doute, les deux explications sont-elles plausibles.

Les manifestations renommées que sont la journée de la Chasse et de la Nature, et surtout les festivités de la Saint-Hubert, ont précédé cette forme de reconnaissance, tandis que la Confrérie des bouchers célèbre, elle aussi, sa cérémonie au début de I’automne .

© rtbf.be

Ces événements majeurs à Saint-Hubert débutent chacun selon le même cérémonial des messes sonnées propres à la localité. Si à I’occasion de la Journée de la Chasse et de la Nature, un cortège haut en couleur apporte une touche toute particulière à l’événement, il est en revanche quelque peu dommage que le faste des autres grandes cérémonies, en particulier lors de la Saint-Hubert proprement dite, s’estompe dès la sortie de l’édifice religieux. La foule massée à l’extérieur de la basilique n’a droit qu’à de brèves sonneries de trompe, tandis que la bénédiction des animaux est réduite à un aspect plutôt symbolique…

Saint-Hubert vibre aussi au nom de I’illustre peintre qui l’a vu naître, Pierre-Joseph Redouté. Un monument – la Fontaine P.J. Redouté – a été élevé à sa mémoire face à I’Hôtel de ville, tandis que le centre portant son nom recèle de souvenirs. Ceux-ci sont réunis dans un bâtiment traditionnel proche de sa maison natale (Rue Redouté), et qui accueille diverses expositions en saison. A chaque printemps, le parc situé au bas de la ville se mue en roseraie, accueillant en une quarantaine de parterres, les variétés de roses chères au peintre.

Les amateurs d’édifices religieux apprécieront encore deux constructions ayant marqué l’histoire de la cité ardennaise. Au bas de la rue du même  nom, l’église Saint-Gilles bâtie vers 1064 , dresse toujours fièrement son imposante tour carrée qui servait de refuge lors des nombreux troubles dont la ville a été victime par le passé.

Elle fut en fait église paroissiale jusqu’en 1809. Elle accueille encore à I’occasion d’hivers trop rigoureux, les fidèles qui ne peuvent avoir accès à la basilique, si difficile à chauffer.

Plus dramatique est I’origine de la petite chapelle Saint Roch édifiée en 1665, dans le but d’enrayer une terrible épidémie de peste qui sévissait dans la région. Elle est située sur les hauteurs de la ville, d’où l’on jouit d’un très joli panorama sur le paysage.

Signalons pour l’anecdote, non loin de là, la rue du Chemin-Neuf, empruntée dès 1665 afin d’esquiver les droits de douane…

C’est à voir

Pièce maîtresse des lieux, l’Eglise abbatiale fut édifiée entre 1526 et 1564,  alors que sa splendide façade date de 1700. C’est en 1927 qu’elle a été promue basilique. L’édifice, impressionnant par sa taille dans cette région avare en bâtiments pompeux, pèse de tout son poids sur la petite ville. Saint-Hubert, jadis lieu de pèlerinage très fréquenté, Capitale européenne de la chasse et de la nature, est aussi désignée, de par sa position géographique, comme le cœur de l’Ardenne! Voilà, décidément, beaucoup à porter pour une petite ville comptant à peine 6.000 âmes et livrée à elle-même, avec la délicate mission de préserver et de promouvoir son patrimoine historique.

Pour le visiteur, avouons-le, la cité des borquins a quelque peine à proposer plus que le gigantesque vaisseau de pierre qui a fait sa légende. La place de la basilique elle-même s’oppose à la majesté de l’édifice… en étant reléguée au rang de vulgaire parking ! Mieux vaut ne pas s’attarder sur quelques façades pour le moins anachroniques qui bordent l’un de ses flancs . Il en est de même pour ce commerce ambulant – que l’habitude a dû faire oublier aux habitants de la ville – trônant au pied du Palais abbatial, à quelques mètres à peine de la basilique ! L’appétit des touristes de passage vaut-il pareil sacrifice du décor ?

© belgia

La basilique, réputée haut lieu de pèlerinage au milieu des forêts ardennaises, n’est pas épargnée. A l’intérieur, la fascination de la grandeur des lieux fait bientôt place à la surprise, voire l’inquiétude quant sa santé. Levez donc les yeux vers la voûte ! Le respect que méritent les bâtisseurs de cette oeuvre grandiose n’impose-t-il pas que l’on panse au plus vite, et du mieux qu’il soit, les plaies provoquées par la pernicieuse action du temps ? Le problème auquel la ville doit faire face est évidemment d’ordre budgétaire.

Mais, fi de ces considérations matérielles, la richesse des trésors historiques exposés ainsi que l’exercice architectural de la construction forcent cependant l’admiration. Les phases successives des travaux de construction sont d’ailleurs relatées sous forme de gravures légendées, et certains vestiges du matériel originel sont exposés. Le chœur et sa crypte constituent les pièces maîtresses des lieux… illuminés par la le rai de lumière que dispensent des vitraux colorés. Visitez donc les lieux un jour de grand soleil pour profiter pleinement de ce spectacle grandiose.

Jouxtant la Basilique, le Palais abbatial, construit en 1728 par l’abbé Dom Célestin De Jong, contient d’admirables boiseries et une rampe d’escalier en fer forgé de Lambin. Sauf occasion exceptionnelle, il ne se visite malheureusement pas, puisqu’il abrite le service des archives de l’Etat, des affaires culturelles de la Province et le bureau du tourisme ! Il en va de même pour ses abords immédiats, qui pourtant engageraient volontiers à la promenade. On y imagine aisément, en effet, combien ce décor se prêterait à un aménagement dans ce sens. Mais l’administration a ses raisons que la raison ignore. Un peu plus loin, détournez de votre regard l’indispensable signalisation routière accolée au pied de l’ancien porche de l’abbaye reconverti en porte de la ville. Contorsions obligatoires…

Un patrimoine à sauvegarder et à exploiter

La critique n’est pas gratuite puisque depuis plusieurs mois, la ville de Saint-Hubert a entamé une réflexion sur le développement du centre. Un projet qui se veut ambitieux par bien des aspects, et parmi ceux-ci, fort heureusement, celui concernant une nouvelle dynamique touristique intégrée à la vie urbaine. Une tâche assurément d’une grande ampleur !

Fort heureusement, la problématique borquine, comme celle des autres villes de la pointe méridionale, interpelle la Région Wallonne dans le cadre d’une aide budgétaire que celle-ci est disposée à accorder sur base des critères précis et… justifiant les dépenses.

Connaître l’état du centre ville où elle interviendra, savoir quel type de développement y est choisi et comment on compte le mettre en oeuvre. Là sont les questions auxquelles la Région Wallonne attend des réponses… avant d’accorder ses subsides. La société Idelux, basée à Arlon et spécialisée dans ce domaine, conseille la ville dans ses investigations. Actuellement, deux rapports de synthèse ont été établis et devraient permettre de définir le type de développement recherché. Parmi les orientations citées dans le projet d’Idelux, figure, entre autres, la mise sur pied d’une structure de promotion touristique unifiée pour la commune partant des atouts du centre ville.

Une fois traversés les méandres politiques et administratifs, les initiateurs du projet ont bon espoir de voir arriver les premiers fonds à l’aube du deuxième millénaire, bientôt en fait… On ne peut que se réjouir de l’aboutissement d’une telle entreprise, qui soyons en sûr, apportera les réponses indispensables à un nouveau regard sur la ville.

En attendant, trinquons à la santé des borquins en dégustant une bière et un saucisson de “Saint-Hubert” !

d’après Christian Léonard, Arduina


Cet article est extrait du dossier qu’Arduina consacra à Saint-Hubert dans les années nonante. D’autres sujets y étaient également commentés :

      • le pénitencier,
      • les miracles de Saint-Hubert,
      • l’apôtre des Ardennes,
      • l’appellation “Saint-Hubert”,
      • le saucisson borquin et la Confrérie des Bouchers,
      • La bière de Saint-Hubert et sa confrérie,
      • Pierre-Joseph Redouté, Au nom de la Rose,
      • le cortège historique.

L’intégralité du magazine Arduina n°2 est téléchargeable en PDF avec reconnaissance de caractère dans notre DOCUMENTA.


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LIMBOURG : classé plus beau village de Wallonie (2022)

[RTBF.BE, article du 8 juin 2022] Gros plan sur une rénovation dont le financement est plutôt inhabituel. La Ville de Limbourg en région liégeoise est fière de faire partie des plus beaux villages de Wallonie. Et le lieu sera encore plus attrayant avec la rénovation de la place principale. Les travaux sont terminés et ils ont en partie été payés par les habitants qui pouvaient acheter quelques mètres carrés de pavés.

Participation citoyenne

Comme je suis née le 24 décembre, explique Huberte Braham, habitante de Limbourg depuis l’âge de 9 ans, à Noel, sur l’arbre j’ai eu un beau cadeau. Un de mes fils m’avait acheté un pavé. C’était vraiment une surprise. J’étais émue“. Elle possède désormais un pavé à son nom sur la place de son village, juste devant la maison dans laquelle elle a vécu durant des années.

La rénovation de cette place à coûté 1.5 million d’euros. La Wallonie et l’Europe ont financé une grande partie des travaux. Les habitants ont, eux, pu acheter 1 mètre carré pour une valeur de 134 euros.

Il n’y a pas que des habitants, souligne la bourgmestre de Limbourg. Cela a quand même été soutenu par des personnes qui habitaient à l’extérieur de la commune. Et donc on a rassemblé plus ou moins 60.000 euros de fonds grâce à cette opération. C’est une petite goutte d’eau symbolique, mais qui, je pense, à permis à donner de la crédibilité à la place, de permettre aussi d’avoir une visibilité un peu créative car c’est une opération qui n’a pas lieu partout et certainement pas en Wallonie.

Pour la rénovation, il a fallu rajouter 2/3 des pavés. Ceux-ci ont été péchés directement dans la Vesdre. Limbourg fait partie des plus beaux villages de Wallonie. Alors, ici, les week-ends, il y a du monde. Et c’est parfois compliqué pour les habitants, comme l’explique Véronique Klein, riveraine : “On a énormément de touristes qui ne respectent pas forcément les parkings extérieurs du village. On a donc vite une place encombrée de véhicules. Beaucoup d’enfants jouent sur la place et on a la crainte évidemment qu’il se passe quelque chose.

Les autorités ont conscience du problème, confirme l’échevin du tourisme à Limbourg : “Au-dessus de la place, dans le cadre de la rénovation, on a posé des potelets rétractables qui pourront empêcher les voitures de venir stationner pendant les périodes d’affluence touristique. Les riverains pourront continuer à stationner sur la place. Un jour par mois, ceux-ci ne seront pas autorisés à stationner. Ce sera un jour sans voiture. La place sera encore plus belle.

La volonté est de redonner une vraie dynamique au village. Et ce sera aussi grâce à Huberte, à George, à Paul et à tous les autres.

D’après Marie Bourguignon, RTBF.BE

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NISMES : le Fondry des Chiens, notre Grand Canyon belge !

Situé dans le Parc naturel de Viroin-Hermeton, à proximité de Nismes, le Fondry des Chiens est un site protégé et unique en Belgique. Visitez ce gouffre naturel de 20 mètres de profondeur à la biodiversité incroyable. [en savoir plus sur WALLONIEBELGIQUETOURISME.BE…]

© trougnouf

[NOTRENATURE.BE, 23 février 2022] “Un canyon en Belgique ? Au début, je n’y croyais pas, et j’ai pensé qu’il s’agissait simplement d’un tas de roches qu’un bourgmestre ou l’autre avait qualifié de curiosité locale. Mais en recherchant des promenades originales, je ne cessais de tomber sur le Fondry des Chiens, qui pourrait même faire partie de l’un de nos futurs parcs nationaux. J’ai donc choisi de me rendre à Nismes pour admirer cette merveille de la nature d’un peu plus près !

Nous nous sommes garés non loin de l’église de Nismes, dans la commune de Viroinval. Nous avons opté pour une promenade de 4 km en suivant le balisage rouge. Nous avons d’abord traversé le parc du château appelé Les Jardins d’O, qui abrite de superbes plans d’eau, des ponts décoratifs et des jeux pour enfants aventureux. Le joyau du parc est le Château Licot, autrefois la résidence d’une famille d’industriels reconvertie aujourd’hui en maison communale.

D’un point de vue à l’autre

Une fois que nous sommes sortis du parc, nous avons constaté que la route ne cessait de grimper. Au total, cette promenade compte 125 montées, mais aucune n’est insurmontable. En chemin, nous tombons sur le premier gouffre ou fondry, un phénomène naturel qui ne se retrouve qu’à Viroinval dans notre pays. Les creux si typiques ont été créés il y a de cela des millions d’années par des infiltrations d’eau de pluie dans le sol calcaire. Des bancs disposés de manière stratégique parsèment les abords de ces roches irrégulières. Ils nous confèrent une vue magnifique tout en nous offrant une pause bien méritée.

Ce paysage à part est charmant, mais nous ne sommes pas époustouflés pour autant. Environ 2,5 km plus loin, nous tombons sur des installations touristiques : des bancs de pique-nique, un parking et même des toilettes en plein milieu de la nature… Nous devons être tout près ! Curieux, nous faisons nos premiers pas sur une pelouse calcaire qui abrite de rares orchidées sauvages au début de l’été. Durant cette saison, nous pouvons aussi admirer la microfaune, par exemple les lézards ou les papillons, comme le demi-deuil, l’argus bleu-nacré et le némusien. La faune et la flore exceptionnelles de ce coin de nature unique font du Fondry des Chiens un porte-étendard de la biodiversité. En raison de sa vulnérabilité, cette zone naturelle est protégée et pourrait même faire partie de l’un de nos futurs parcs nationaux.

Et ensuite, arrive la vue promise que nous n’attendions plus… Une gigantesque fissure dans le paysage vert des environs. Le fondry principal mesure 100 mètres de long pour 20 mètres de profondeur et est bordé de roches, de fissures irrégulières et de grottes profondes. On dirait que la croûte terrestre s’est littéralement fissurée ! Si le fondry semble déjà impressionnant en photo, il faut se rendre sur place pour vraiment se rendre compte de l’ampleur du phénomène. Vous pouvez déjà avoir une idée de sa profondeur en observant l’abri en bois en haut à droite de l’image.

Nous […] nous glissons donc petit à petit vers le bord du précipice. Pour l’occasion, nous avons emmené nos propres chiens, même si le Fondry doit en réalité son nom à une insulte. Selon la légende, les chrétiens autochtones étaient autrefois traités de “chiens” par les Musulmans car ils étaient considérés comme païens [NdW : à Viroinval ?]. Une autre histoire rapporte que les villageois jetaient leurs chiens morts dans le gouffre, mais nous préférons ne pas croire à cette version atroce.

Le Fondry des Chiens en pratique

Nous avons parcouru 4 kilomètres en presque 2 heures, y compris le temps que nous avons passé à lire les panneaux indicateurs, à profiter de la vue et à prendre des photos. La promenade compte majoritairement des chemins (semi-)aménagés et est donc praticable pour les familles avec enfants. Sur place, surveillez tout de même vos bambins, car la visite du site n’est pas sans danger. Le chemin se poursuit jusqu’en bas du gouffre, une expérience impressionnante pour les jeunes et les moins jeunes ! Si vous n’avez pas envie de vous balader, vous pouvez garer votre voiture non loin du Fondry des Chiens. Ce site n’est évidemment pas comparable au Grand Canyon, mais le gouffre de Viroinval vaut la peine d’être vu !”

d’après notrenature.be (23 février 2022)

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[INFOS QUALITE] statut : validé | source : notrenature.be | mode d’édition : partage, compilation, mise en page | contributeur : Patrick Thonart | crédits illustrations : ©  notrenature.be.


 

COINTE : Villa “L’Aube” de Gustave Serrurier-Bovy

La villa L’Aube de Gustave Serrurier-Bovy est située dans le Parc de Cointe,  2 avenue de Cointe à B-4000 Liège.

© Guy Focant

Construite en 1903 sur les hauteurs de Cointe, la villa L’Aube constitue un des rares témoins de la production de l’architecte Gustave Serrurier-Bovy, plus connu pour son mobilier et ses aménagements intérieurs. Cette habitation personnelle constitue le manifeste artistique de Serrurier-Bovy qui rompt avec les villas anglaises alors à la mode et dessine un volume homogène sous une toiture en bâtière à larges débordements, ouvert sur le jardin. Les percements variés reflètent la disposition intérieure des pièces et seuls se détachent un auvent, la véranda de la salle à manger, la terrasse couverte ou la loggia du bureau. L’Aube, qui donne son nom à l’habitation, est représentée sur la façade ouest dans une mosaïque exécutée d’après un carton d’Auguste Donnay. Elle constitue le seul élément qui ne porte pas directement la signature de Serrurier-Bovy, au cœur de ce qu’il faut comprendre comme une œuvre d’art total. L’aménagement intérieur est pensé dans tous les détails d’une décoration faite entre autres de vitraux figuratifs ou géométriques, de bandeaux de brique vernissée ou de mosaïques géométriques de sol. Le mobilier dessiné par le premier propriétaire de l’Aube porte enfin la trace du goût de son concepteur pour les lignes simples et la géométrisation des formes, dispositions qui annoncent à leur manière l’Art déco. [Institut du Patrimoine wallon sur CONNAITRELAWALLONIE.WALLONIE.BE]

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MY : le vieux tilleul

Chaque année, un arbre remarquable est désigné “arbre belge de l’année” au terme d’un concours. Les résultats seront connus le 15 octobre prochain et parmi les 5 finalistes figure le vieux tilleul du village de My, dans la commune de Ferrières. Un arbre âgé de 600 ans, de 20 mètres de haut pour une circonférence de tronc de 4 mètres qui fait la fierté des habitants.

Il trône fièrement au centre du village et en constitue une sorte de rond-point naturel. Alors, quand ils ont appris l’existence de ce concours, y présenter leur vieux tilleul a été une évidence pour les habitants, dont Anne Jarbinet : “Pour sa particularité, pour son tronc creux. On le trouve assez particulier donc nous avions envie de le faire participer au concours. Pour nous, il est exceptionnel et il y a un vrai attachement des habitants. J’ai toujours entendu parler du vieux tilleul de My et il y a même une rue qui porte son nom“, explique-t-elle.

C’est que ce vieux tilleul rappelle de nombreux souvenirs : “Je suis né ici à My et je l’ai toujours vu. Quand j’étais enfant, je me rappelle qu’il y avait trois panneaux autour, avec un sens giratoire. On devait tourner autour et nous, les enfants, on passait en dessous parce qu’il est creusé sur le bas et tout le tronc est creux de haut en bas. A l’intérieur du tronc, on faisait de l’escalade, de la spéléo, on cherchait. A l’époque, on n’avait pas de GSM pour jouer, on le faisait dans un arbre du village“, se rappelle José Godefroid.

Marie-Louise Romain est une des plus anciennes habitantes du village. Sa grand-mère lui en parlait déjà : “Ma grand-mère, qui était née en 1874, nous racontait toujours qu’on y avait pendu des personnes. Mes parents disaient toujours aussi que de leur temps, les jeunes allaient se bécoter dans le tronc du vieux tilleul, et au printemps, il parfume tout le centre du village“, se remémore-t-elle.

Qu’il gagne ou non le titre, pour les habitants de My, le vieux tilleul est en tout cas leur arbre de cœur.

Olivier Thunus

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MELEN : les charmes noués d’un jardin sur le plateau de Herve

Le jardin anglais d’Emmanuel del Marmol est situé au 16 du lieu-dit Sonkeu à B-4633 Melen [melɛ̃]. Anciennement écrit “Mélin”, Melen fait partie de la commune de Soumagne, dans le Pays de Herve, en province de Liège.

Sur le plateau de Herve, un ancien verger est devenu un vaste jardin. Durant le mois de mai, les couleurs sont abondantes. Les floraisons des arbustes décoratifs se mêlent aux teintes des jolis feuillages. Les charmes qui ont noué leurs branches devant l’entrée du jardin est un bel élément du petit patrimoine du Pays de Herve. La chapelle et son dôme de ramures était bien sûr déjà présente.
Nous sommes à la mi-mai. Jour après jour, le paysage formé par les arbustes se transforme. L’espace ne manquait pas sur le côté et à l’arrière de la maison pour constituer ce long parterre en courbes, soulignées par une bordure de pensées. Dans ces rondeurs, les azalées et les rhododendrons se mélangent. Leurs corolles tantôt claires, tantôt plus foncées, dessinent un tableau lumineux. Plus tard dans la saison, le jaune tendre des érables sera devenu vert pâle, avant d’offrir de l’orange vif, l’automne venu.

Le terrain forme maintenant un vaste plateau. C’est dans une ambiance  sous-bois que les azalées fleurissent parmi d’autres arbustes au pied des troncs. Des rhododendrons ont constitué des fourrés denses. Ils se plaisent bien sous les hauts arbres qui leur offrent de l’ombre durant les journées chaudes de l’été. En pleine lumière, cet arbre qui se dresse au milieu du sentier enherbé a reçu un compagnon. Au sommet des tiges, on perçoit déjà les boutons qui épanouiront des roses. Dans le sous-bois, le soleil fait briller les corolles bleu ciel, en délicates clochettes, des jacinthes. Elles s’élèvent parmi les fleurs de l’ail des ours. [d’après RTBF.BE]

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L’article propose également des clichés des plantes suivantes :

        • Rhododendron luteum
        • Koelreuteria paniculata
        • Acer palmatum ‘Aureum’
        • Enkianthus campanulatus
        • Hyacinthoides non-scripta
        • Allium ursinum
        • Choisya x dewitteana ‘Aztec Pearl’

Le maître des lieux, Emmanuel DEL MARMOL est né en 1938 à St-Gilles. Après 38 ans de carrière commerciale dans les assurances, il a terminé comme cadre supérieur à la Royale Belge. Père de trois enfants, veuf, il habite en Pays de Herve où il ouvre son jardin anglais une fois par an, au public. En 2010, il commence la sculpture à l’atelier de V. Kalitventzeff ; d’abord par des personnages et des nus en terre, puis des animaux. En 2017, à l’atelier ouvert d’Eléonore de Moffarts, il se spécialise dans les vols d’oiseaux en cire. Ses sculptures animalières sont en bronze ou en résine. [d’après ANIMALARTBRUXELLES.COM]


Ailleurs en province de Liège…

WATERMAEL-BOITSFORT : la gare en origami

Avis aux bricoleurs et aux amateurs de trains électriques : parmi les merveilles qui composent notre Fonds PRIMO (un ensemble impressionnant de ressources téléchargeables qui nous a été confié par son propriétaire, Daniel Baise, en vue de sa diffusion dans notre DOCUMENTA), se trouvent également des choses aussi inattendues que les plans de la gare de Watermael-Boitsfort (Bruxelles), prêts à être imprimés, découpés et montés.

“Le montage en est simple, des indications ont été ajoutées pour un montage facile (deux petites heures suffisent pour ce montage). Deux planches A3 doivent êtres imprimées sur carton semi-rigide (170 à 220 gr/m² max.). A quoi s’ajoute un tracé sur film transparent pour les auvents du quai. L’amateur de trains électrique sera ravi d’avoir une maquette de gare à l’échelle classique des trains électriques.

Les maquettes cartons à monter. Depuis le XIXe siècle, les maquettes en carton ont animé les salles de jeux et les soirées d’hiver. Ce sont des imprimeries comme les Imageries d’Epinal qui produisirent des feuillets à coller sur carton pour fabriquer des maquettes de jeux, des jouets comme des théâtres ou des manèges, avec leurs décors, leurs animaux divers… Avec l’arrivée des trains et de leurs gares, c’est donc naturellement que ces maquettes proposées en impressions d’imagerie ont envahi le marché des jouets. Rapidement, les décors des trains en paysager ont été étoffés de gares et de maisonnettes en bois, cartons puis en plastique. Les montages carton à monter étant alors plus éducatifs, mais aussi moins chers à produire, ce sera un succès vers les années 50-70. De nombreux sites internet proposent encore ces feuillets à monter ou des fichiers à imprimer chez soi. La démarche proposée par Daniel Baise, est une variante de ces montages classiques, appelés “Origami-Architecture”. L’art japonais de l’origami (pliage géométrique de papiers artistiques) a évolué vers des montages complexes décoratifs, générant des structures inspirées de l’architecture. Dans cette démarche de produire des modèles de cartons inspirés de la vraie architecture, c’est donc des maquettes cartons qui seront créées, mais sans indications de montage. Bel exercice de réflexion pour les étudiants en architecture et, aussi, pour les amateurs de bricolages !

Montage. Le montage proposé ici de la Gare de Watermael-Boitsfort indique bien les raccords entre les différentes parties, sans grande difficulté de montage. Deux A3 servent à l’impression sur carton. Le découpage se fait au cutter le long des trait pleins, et les pointillés qui indiquent les plis seront ‘tracés’ au moyen d’un bic vide en écrasant la fibre du carton pour en facilité le pliage. Une colle de montage blanche va servir à assembler le tout proprement et soigneusement. C’est ce soin apporté au montage qui va rendre la maquette la plus précise possible dans le décor, alors plus vrai.

Pourquoi la Gare de Watermael-Boitsfort ? En vue de l’inauguration de la Salle Delvaux à Watermael-Boitsfort, l’idée avait émergé de proposer à la commune de remettre, avec les invitations, la maquette proposée ici. Le projet a été refusé par le conseil communal en 2004 ; la gare de Watermael-Boitsfort est pourtant un des sujets récurrents qui inspirèrent Paul Delvaux, voisin de la gare.

Merci à la SNCB-Archives de Namur. La maquette a été élaborée à partir des plans originaux de ce type de gares, classiques sur tout le territoire : un corps de gare avec une salle des guichets, une cheminée de chauffage, un corps de rangement d’outillages et bois à gauche et une réserve de charbon à droite, depuis la gare vue de face. L’étage était réservé au corps de logis du “chef de gare” en charge permanente pour les chargements de charbons des locomotives. En général une tour-réservoir accompagnait ces décors, pour alimenter en eau les locomotives à vapeur.

La “vraie” gare de Watermael est aujourd’hui une gare ferroviaire belge de la ligne 161 de Schaerbeek à Namur, située sur le territoire de la commune de Watermael-Boitsfort en Région de Bruxelles-Capitale. Elle a été mise en service en 1860 par la Grande compagnie du Luxembourg.

Bon montage et bon amusement !”

Le PDF de la maquette est téléchargeable dans notre DOCUMENTA > FONDS PRIMO…

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LIEGE : Violette (la -)

Traditionnellement appelé La Violette (probablement d’après l’enseigne de la maison qui accueillait le conseil de la cité au Moyen âge), le bâtiment est l’ancien Hôtel Communal où les échevins, dès 1480, élaborèrent l’indépendance de leur cité liégeoise. C’est aussi là qu’avaient lieu les cruelles exécutions publiques, avant que l’endroit des hautes œuvres ne fût transféré au pied de Haute-Sauvenière. Reconstruit après le sac de Charles le Téméraire (fin XVe siècle) et réédifié à nouveau au XVIIIe siècle suite à sa destruction par les troupes françaises (e.a. bombardement français de 1691), l’actuel Hôtel de Ville, dans les lignes simples et pures du style “liégeois” d’alors, était achevé en 1718. À l’intérieur, de remarquables décors d’époque (atlantes…). Pour en savoir plus et organiser votre visite, surfez sur VISITEZLIEGE.BE

LIEGE : au Pèrî

Cette ancienne artère relie le quartier de Pierreuse au parc de la Citadelle et le sommet de la montagne de Bueren (grand escalier). Le mot Pérî proviendrait de “Perier”, du nom d’une carrière locale.

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