Cointe au temps des Gaulois (CHiCC)

Nous sommes quelque soixante ans avant Jésus-Christ. En amont de la bourgade gauloise implantée au confluent de la Légia et de la Meuse, s’étale jusqu’aux confins de la Hesbaye, une vaste forêt. Ses frondaisons qui couvrent le plateau et l’éperon de Cointe viennent mourir dans la vallée en bordure d’une large plaine marécageuse souvent inondée par les débordements de notre fleuve capricieux. Plus tard, ils seront appelés forêt et marais d’Avroy. Une voie celte, dont l’origine se perd dans la nuit des temps préhistoriques, traverse cette belle forêt…

Venant d’Atuatica (près de Tongres) elle passait par le Batch des Macrales, Fooz, Awans, Grâce-Berleur, Saint-Nicolas, Saint-Gilles et Cointe, pour gagner la Meuse en amont de Liège, la Voye des Rominnes…

Edmond Dethier, Deux mille ans de vie en Hesbaye

 

L’existence d’une voie celtique nous est révélée par la toponymie locale. En effet, dans le toponyme Tchinrowe, on s’accorde à trouver dans la première partie du mot, un terme gaulois ‘camino’ signifiant chemin. Je suis disposé à croire que Tchinrowe désigne un chemin menant à un gué.

Fr. Dumont, Origine et évolution d’Ougrée-Sclessin

 

Le CHERA (‘chemin carrossable‘) continuait la traversée du plateau jusqu’au Batty, descendait vers le Val-Benoît, franchissait la Meuse par un gué en amont du confluent de l’Ourthe, puis par AngleurChênéeThier des Critchions et Beaufays gagnait le plateau ardennais, la ‘route des Ardenne’s pourrait-on dire aussi. Une autre piste longeait la plaine marécageuse en bordure des coteaux boisés, hors de portée des crues du fleuve. Cette piste deviendra le premier chemin de la Vallée. Quelques sentiers ou sentes étaient certainement utilisés par les autochtones qui chassaient le gibier, cueillaient fruits sauvages et champignons, faisaient provision de bois ou amenaient leurs porcs à la glandée dans la forêt.

Emile DEGEY

COINTE : boulevard Gustave Kleyer

Cette voie très sinueuse du quartier et de la colline de Cointe d’une longueur d’environ 2.400 m est une des artères les plus longues de la ville de Liège. Tantôt traversant des espaces verts arborés (parc de Cointe), tantôt évoluant dans un milieu plus urbain, ce boulevard épouse une douzaine de virages et procure çà et là une vue panoramique sur la ville de Liège et la vallée de la Meuse. Les abords du boulevard invitent à la balade (marche, jogging, vélo)…

Sur les hauteurs de Liège, le boulevard Gustave Kleyer va de la place du Batty à la rue Henri Maus.

[CHiCC – par Emile DEGEY] “Créée en 1903 pour l’Exposition Universelle de 1905, cette magnifique artère fut dénommée boulevard de Cointe, le 26 juillet 1904. Elle devait faire partie du boulevard circulaire contournant la Ville. Lorsque Gustave Kleyer, bourgmestre de Liège, principal instigateur de cette création, démissionna pour raison de santé, le 19 mars 1921, dès le 21, le Conseil Communal en reconnaissance envers ce grand magistrat, décida que le boulevard porterait son nom. Gustave Kleyer est né à Habay-la-Ville, le 17 mars 1853. Avocat, il fut inscrit au Barreau de Liège le 8 novembre 1875. En 1885, il est “Élu Libéral” au Conseil Communal de Liège, puis nommé Échevin de l’Etat-Civil en 1888. Bourgmestre de Liège de 1900 à 1921, il travaille beaucoup à l’embellissement de sa ville et réalise le ‘boulevard des Hauteurs’. Sous le boulevard, la houillère du Bois-d’Avroy a exploité les veines Castagnette et Stenaye, aux niveaux 314 et 345 de 1898 à 1903.”

Afficher dans WalOnMap